[Communiqué] Le plan Juncker est indigent : l’Europe doit mettre en œuvre les moyens nécessaires pour lutter contre la déflation

Le mercredi 26 novembre

 

Pourquoi si peu de voix s’élèvent en Europe pour dénoncer la modestie du plan Juncker ? Sommes-nous si peu à être indignés par l’indigence des propositions de celui qui avait promis, alors qu’il était en campagne, 300 milliards d’euros d’investissements ? Ayons le courage de voir la réalité en face : ce plan est très loin d’être à la hauteur des enjeux économiques et politiques.

Alors que les économies des pays membres s’enfoncent petit à petit dans la déflation, ce qui devait être un grand plan destiné à montrer aux Européens ce que l’Europe pouvait faire pour eux se transforme en plan de la démission.  Le plan Juncker annoncé ce mercredi 26 novembre est donc une grande déception pour tous ceux qui savent que le seul moyen d’éviter les conséquences désastreuses de la déflation qui menace se situe au niveau européen.

Avec ces 5 petits milliards d’argent « frais » mis sur la table auxquels s’ajoutent 16 milliards de garanties financières, nous sommes non seulement bien loin des 300 milliards annoncés, mais aussi bien loin de la nécessaire réponse à l’urgence de la crise : les investissements s’étaleraient a minima sur les trois prochaines années. Autant dire que l’effet sur l’économie à court terme est quasi nul.

Pourtant, il est encore temps d’agir alors que nous sommes au bord du gouffre de la déflation, mais aussi au bord de la rupture politique. Le seul moyen de sortir de cette mécanique infernale est de s’opposer à cette supercherie, à ce plan qui ressemble à une dérisoire gesticulation, en affichant des ambitions à la hauteur des enjeux, mais aussi et surtout en mettant au service de ces ambitions les moyens nécessaires. Sinon, l’Europe ne sera pas au rendez-vous de son histoire.

 

Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l’économie et Valérie Rabault

Porte-paroles de Cohérence Socialiste

 

Lien vers la dépêche AFP