Notre démarche

Les résultats des élections municipales et européennes témoignent de la défiance des Français, à la fois envers notre façon de gouverner mais aussi pour le fonctionnement des institutions de notre pays. Nous devons aujourd’hui reconstruire la confiance dans le politique. Après deux ans de gouvernement, nous ne pouvons rejeter la responsabilité sur d’autres. C’est donc à nous, socialistes, qu’il revient de reconstruire la confiance politique avec nos électeurs et avec les Français.

Pour la gauche, exercer le pouvoir est forcément plus exigeant que pour la droite, conservatrice par nature. Même pour ceux qui ont choisi la réforme et le progrès plutôt que la révolution et le grand soir, militer et exercer le pouvoir ne sont compatibles qu’à deux conditions : que les actes soient en parfaite adéquation avec les engagements pris devant ceux qui nous ont élus ; que la parole du pouvoir de gauche soit en parfaite cohérence avec la vérité et la réalité vécue par les Français.

C’est au parti politique qui nous a portés au pouvoir, le Parti socialiste, d’assurer que ces deux conditions soient respectées. Or le Parti socialiste ne joue plus ce rôle aujourd’hui, si bien que le débat idéologique est déplacé vers d’autres instances politiques, notamment le groupe majoritaire à l’Assemblée, ce qui conduit à saper un peu plus la confiance que les Français portent dans notre exercice du pouvoir.

Nous devons ramener le débat idéologique et programmatique au sein du Parti socialiste. C’est la conviction que nous, députés, nous sommes forgés à l’Assemblée Nationale, au cours des derniers mois. C’est pour cela que nous voulons construire un collectif au sein du Parti socialiste, qui milite pour un Congrès avancé, ayant lieu avant les élections régionales et cantonales de l’année prochaine, afin de clarifier à la fois la ligne idéologique du PS mais aussi son rôle de vigie et d’éclaireur de la parole politique de la majorité nationale.

Au-delà de ces objectifs, il y a aussi des combats communs qui nous rapprochent : l’installation d’une social-démocratie enfin mature dans notre pays, la lutte contre la montée du FN, combat contre la fraude fiscale et l’optimisation fiscale qui ruinent la cohésion de notre système social, la construction d’une nouvelle République avec des territoires puissants et égaux, l’émancipation individuelle et le pacte social, une Europe unie, plus solide et plus solidaire dans la mondialisation, et bien sûr l’objectif de reconquête socialiste.

Nous structurons ainsi un collectif qui milite pour un Congrès avancé et une clarification idéologique sur ces termes. Notre responsabilité est de faire réussir la gauche au pouvoir dans le temps qui nous a été imparti par les Français : c’est-à-dire d’ici 2017. Notre responsabilité est aussi de faire gagner la gauche en 2017. Il est temps d’agir.

C’est le sens de « cohérence socialiste ».

 

Karine Berger, Yann Galut, Valérie Rabault, Alexis Bachelay